Regis Torres

À l’occasion du festival L’Art du Jeu, nous avons eu le plaisir d’accueillir l’illustrateur Régis Torres pour une séance de dédicaces, mais aussi pour une exposition consacrée à son travail. Des monstres démesurés de King of Tokyo aux paysages méditerranéens d’Odysseus, elle permettait de découvrir les coulisses de la création graphique d’un jeu : recherches, esquisses, choix de couleurs et construction progressive d’un univers.

Régis Torres, derrière l’image

L’exposition présentée lors de L’Art du Jeu permettait de suivre ce travail à travers deux univers très différents : d’un côté, près de dix années passées à développer l’identité visuelle de la gamme King of Tokyo ; de l’autre, la création graphique d’Odysseus, édité par Gigamic en 2026.

Croquis préparatoires, recherches de personnages, essais de composition et illustrations finales permettaient ainsi de découvrir tout ce qui se cache derrière les images que nous retrouvons ensuite sur une boîte, un plateau, des cartes…..

King of Tokyo : dix ans de monstres

En 2016, IELLO confie à Régis la nouvelle identité visuelle de King of Tokyo. Après avoir travaillé sur Halloween et King of New York, il est chargé de repenser la seconde édition du jeu tout en conservant l’esprit graphique qui avait fait son identité. Ce travail, commencé autour de quelques personnages, s’étendra progressivement à de nombreuses extensions, monstres promotionnels, collaborations et déclinaisons de la gamme.

L’exposition montre particulièrement bien cette évolution. On y découvre les différentes recherches ayant conduit aux monstres définitifs, mais également la nécessité de conserver une cohérence malgré leur grande diversité. Robots, animaux, références mythologiques et créatures absurdes doivent être immédiatement reconnaissables comme appartenant au même univers.

Le plateau de jeu participe lui aussi à cette construction. Tokyo doit apparaître comme une ville réellement menacée par des monstres gigantesques, tout en restant suffisamment colorée pour préserver le caractère familial et humoristique du jeu. L’exposition permet d’observer les différentes étapes de conception de cette ville avant d’arriver au résultat final. 

Plus récemment, Régis a également travaillé King of Tokyo X Mindbug. L’exercice consistait cette fois à conserver l’étrangeté des créatures de Mindbug tout en les adaptant à l’univers de King of Tokyo. 

Odysseus : illustrer une aventure

La deuxième partie de l’exposition nous faisait changer complètement d’univers avec Odysseus, jeu de Johannes Goupy et Mathieu Verdier, édité chez Gigamic en 2026.

Inspiré de l’Odyssée d’Ulysse, le jeu devait traduire graphiquement à la fois l’aventure, la Méditerranée et la mythologie, tout en restant chaleureux et accessible à un public familial. 

L’exposition permet surtout de comprendre à quel point l’illustration est liée à la mécanique du jeu. Pour le plateau représentant le navire d’Ulysse, chaque partie du bateau destinée à accueillir du matériel devait s’intégrer naturellement au dessin. L’équipage, les mouvements de l’eau ou encore les dauphins ajoutés autour du bateau sont là pour renforcer l’immersion des joueurs. 

Le même principe se retrouve sur les cartes : chacune doit raconter une épreuve particulière tout en donnant le sentiment d’appartenir à une seule et même Odyssée. 

Du premier trait à la table de jeu

À travers cette exposition, Régis Torres nous invitait finalement à regarder les jeux autrement. Derrière un personnage, une couverture ou un décor se cachent de nombreux essais, choix et transformations.

 

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